L
e centre géopoétique de Paris (association loi 1901 créée en octobre 1996) a pour but de développer, de faciliter et de présenter des travaux, recherches, manifestations et expressions sur la base du concept de géopoétique tel qu'il a été proposé par Kenneth White, fondateur de l'Institut international de géopoétique en 1989.

D’autres, en divers lieux ou époques, ont pu utiliser d'autres termes et concepts pour désigner des orientations plus ou moins voisine – il ne s'agit pas d'être ni sectaire ni confusionniste. La géopoétique est une orientation générale qui voit dans le rapport de l'homme à la terre l'élément déterminant de toute culture. De la richesse, de la finesse, de la tonalité de ce rapport dépendent beaucoup de choses: la manière dont nous traitons notre planète, dont nous l'habitons, et donc la manière dont nous sentons, pensons et agissons. Si la géopoétique se distingue de l'écologie, c'est que par delà les dimensions scientifiques et politiques, certes indispensables, de notre rapport à la terre, elle reconnaît un rôle fondamental au poétique. Affirmation autant qu'interrogation: loin de toute poésie sentimentale ou formaliste, psychologisante ou militante, quelle «nouvelle» poétique pour quel «nouveau» rapport à la terre? Une poétique générale (selon le mot de Caillois) qui ne concerne pas seulement les forme verbales mais aussi les formes plastiques, pas seulement les expressions humaines mais aussi les non-humaines et pas seulement l'expression mais aussi la perception, la connaissance, la lecture du monde.

Géopoétique à Paris? Au cœur même de la Ville, de l'une des villes les plus profondément urbaines du monde? Cela ne manque pas de sens. Il n'est pas indifférent que les toutes premières réunions de géopoétique aient eu lieu, en 1989-90, à la Sorbonne (aile Richelieu! Riche-lieu?). Ville équidistante à beaucoup d'horizons, composite et encore harmonieuse, ouverte sans perdre pour autant sa forme originale, ville fluviale, ville confluante, où l'on vit, d'où l'on part et revient. Ce Paris qu'ont aimé les surréalistes et bien d'autres voyants-voyageurs, nous y élisons lieu d'étape, de rencontres, de travail.

Le programme de travail général de la géopoétique et celui du Centre parisien en particulier, est sous le signe de l'ouverture et de la novation, mais orientées. Ouverture disciplinaire précisément parce qu'il ne s'agit pas tant de faire «de l'art», «de la science», voire «de la politique», que de les emprunter pour retrouver ou inventer, grâce à eux et à travers eux, le sens et la pratique d'une poétique plus fondamentale, plus vitale et plus enjouée. Pour explorer à nouveau l'espace entier de l'existence.

Le Centre géopoétique de Paris poursuit les objectifs pratiques suivants:

1 – Créer, à Paris, un point de rencontre, de travail, d'information et de documentation géopoétique. Informations sur les activités de l'Institut et des divers centres géopoétiques actifs dans d'autres régions et d'autres pays. Informations sur les publications nouvelles, les expositions et autres manifestations. Amorcer un fonds documentaire de livres, catalogues, revues et enregistrements audiovisuels;

2 – Organiser des manifestations publiques, telles que expositions, projections, conférences-débats, lecture ou tout autre type de rencontres culturelles entrant dans (ou susceptibles d'élargir) le champ de la géopoétique. des publications, périodiques ou épisodiques pourront également être réalisées;

3 – Développer des expériences nouvelles: formes d'expression et de recherche n'entrant pas dans les catégories ou disciplines habituelles, dans la mesure où de telles innovations apportent des modes de connaissance ou d'action qui enrichissent le champ géopoétique. Un certain nombre de projets dans ce sens, collectifs ou individuels, pourront être développés ou encouragés.