La création

C’est autour de Michèle Duclos qui coordonnait alors l’ouvrage «Le monde ouvert de Kenneth White», que se sont retrouvés, il y a une dizaine d’années, quelques personnes qui par des chemins différents avaient rencontré l’écriture géopoétique de Kenneth White.
Le travail commun donna une première exposition, tournée vers les arts plastiques dans la salle des Voûtes Poyennes à Bordeaux. Elle réunit quelques artistes autour de la plasticienne Patricia Proust-Labeyrie, et permit de poser quelques questions sur la relation entre arts plastiques et géopoétique.
Parallèlement, à l’École d’architecture de Bordeaux, se développait autour de Jean-Paul Loubes, une réflexion mobilisant quelques étudiants en fin d’études. Elle allait aboutir aux recherches sur «l’architecture située», point de rencontre d’une sensibilité géopoétique avec la question de la relation de l’architecture avec le site, avec le lieu. La question est fondamentale puisqu’elle met en cause de façon frontale et radicale l’architecture «hors sol» (pour ne pas dire transgénique) héritée du Mouvement Moderne.

La consolidation

Parallèlement à ce début de dynamique commune, les membres de l’Atelier poursuivaient leurs travaux individuels. Le travail considérable de traduction de l’anglais effectué par Michèle Duclos alimentait les éditeurs, les revues de poésie, et permettait de faire connaître des sensibilités géopoétiques.
Jean-Paul Loubes poursuivait la publication de livres issus de son travail d’ethno-architecture et d’anthropologie en Chine ou dans le Turkestan chinois, puis son recueil de poèmes «La lune dans mes bras».
Patricia Proust-Labeyrie se partageait entre son enseignement des arts plastiques et sa production personnelle.
Ce ne fut pas une dispersion mais la nécessité de produire et d’avancer chacun de son côté pour retourner au groupe avec plus de solidité. Il y eut aussi des occasions de retrouver des dynamiques communes, notamment en collaborant en mars 2003 au colloque consacré à Kenneth White (organisé à Bordeaux par l’ARDUA).

L’envol

Le projet Goéland-revue de poésie, porté par l’Atelier géopoétique d’Aquitaine (qui devint alors l’Atelier du goéland) correspond à ce désir de trouver à nouveau un projet commun, une dynamique commune au groupe. Ce projet se veut à la fois outil d’exploration des chemins de la géopoétique mais ne s’interdit pas de regarder hors de ces chemins afin de préciser mieux ce que peuvent être des écrits géopoétiques.
Dans le numéro 1 construit autour du thème de l’Atlantique Nord, comme dans le numéro 2 centré sur la question des «Poétiques de la ville», la référence à Kenneth White est point de départ et d’arrivée du numéro. Entre ces points de référence, Goéland explore de façon ouverte des sensibilités différentes qui sont questionnées depuis le point de vue géopoétique. Pour son deuxième numéro, Goéland à élargi son comité de lecture à des lecteurs connaissant bien l’archipel géopoétique , comme Christian Lippinois, Colette Prévost ou Stéphane Mirambeau. Il semble bien que Goéland ait réussi l’un de ses premiers objectifs: relancer la dynamique de l’Atelier.

Pour l’Atelier du goéland,
Jean-Paul Loubes