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Lire l'altérité culturelle dans les textes antillais
Virginie Turcotte

Figura - Uqam
collection Mnémosyne
Montréal - 2010

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La traversée - Ouvrages collectifs
 
Sommaire
 
 

Introduction
Quand la lecture visite l’oraliture ou l’influence de la tradition orale
dans l’acte de lecture des romans antillais


Chapitre 1
Passer de la tradition orale à l’écriture

dans les Antilles francophones
Survol géographique
Survol historique : des premières années de la découverte aux révoltes
La formation d’une nouvelle identité :
la naissance des créoles et l’apparition du vaudou
Le conte créole et la performance du conteur
La naissance de concepts identitaires et esthétiques

Chapitre 2
Les frontières culturelles et la lecture

L’oraliture
La lecture quand elle est faite d’opacité
L’illisibilité
L’altérité culturelle

Chapitre 3

Quand meurt le conteur... et que le conte demeure

L’étranglette de Solibo Magnifique : quand meurt le conteur, comment écrire sa parole? 
Les « Dits de Solibo » : une situation d’illisibilité impressionnante
Quand Sonson Pipirit se fait Scheherazade : l’esthétique de la mise en abîme et les récits enchâssés de La piste des sortilèges

Conclusion
Ô amis, la parole n’est pas docile!

 
 
 
 

Quand la lecture visite l’oraliture
ou l’influence de la tradition orale dans l’acte de lecture des romans antillais

La littérature antillaise est d’une richesse surprenante, parfois déroutante. C’est ce qu’ont révélé nos toutes premières lectures et c’est le filon sous-jacent de notre réflexion sur le sujet. Mais pourquoi une telle richesse?

En quoi est-elle déroutante? Et surtout comment lire des textes d’une richesse déroutante? Parce que la question de la lecture se pose inéluctablement. Elle s’est posée à nous comme une évidence le jour où nous avons fait pour la première fois l’expérience de cette littérature et que nous avons été, pour le moins, quelque peu désorientée.

De là tout l’intérêt.

Dans une volonté de comprendre l’origine de la spécificité de la littérature antillaise, et de pouvoir par la suite en analyser les effets sur les mécanismes de lecture, il faut remonter aux sources. Il faut pratiquement retourner à la traversée des océans par les bateaux négriers — et nous exagérons à peine. La tradition orale, née en Afrique puis réinventée dans les Antilles, a effectivement été le principal moteur de transmission du savoir et de la culture pendant et longtemps après l’esclavagisme. L’importance de l’oralité s’explique par un contexte historique particulier et est en partie responsable de cette spécificité littéraire. Plusieurs textes issus du corpus littéraire antillais sont en effet marqués du sceau de cette tradition. Des auteurs comme Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, par exemple, se positionnent ouvertement dans le courant de la créolité et prônent une écriture où le créole et l’oralité occupent une place prépondérante. Tandis que d’autres auteurs comme Jacques-Stephen Alexis, Simone Schwarz-Bart et Gary Victor, pour n’en nommer que quelques-uns, sans toutefois se revendiquer du même courant, offrent à des époques différentes des textes qui empruntent à leur façon au merveilleux des contes oraux traditionnels. Ces traces de l’oraliture (1) dans certains textes antillais en font des textes créolisés, hybrides, que ce soit par la forme — structure, ponctuation, rythmique, etc. — ou par le contenu — mots créoles, diglossie linguistique, expressions, proverbes antillais, thèmes, néologismes, etc.

C’est cette hybridité des textes littéraires qui produit une certaine désorientation chez le lecteur étranger n’ayant aucune connaissance de la tradition orale, du créole ou encore des poétiques antillaises, pour reprendre la terminologie d’Édouard Glissant (2). Effectivement, ces particularités déstabilisent les habitudes de lecture, car elles proviennent d’un univers spécifique et ne sont pas toujours facilement décodables pour le lecteur étranger. Celui-ci est confronté à l’altérité d’une culture avec laquelle il n’est pas familier. Il doit apprendre à jongler avec l’étrangeté de ces textes et à faire face à la limite de ses propres connaissances, car il est véritablement déporté à la périphérie de sa propre culture pendant l’acte de lecture (3). Lorsqu’il se trouve dans cette situation instable où il ne comprend pas tout à fait ce qu’il est en train de lire, le lecteur fait face à ce que Bertrand Gervais appelle à juste titre des zones d’illisibilité (4). Cette sensation d’étrangeté lui fait expérimenter l’altérité culturelle. C’est à cause d’une lacune en ce qui concerne ses compétences encyclopédiques qu’il ne comprend pas les créolismes des textes antillais. Comment dès lors parvenir à une compréhension fonctionnelle des textes? Est-ce possible? Comment surmonter les zones d’incompréhension? Et est-ce nécessaire de les surmonter pour pouvoir progresser dans la lecture d’un texte littéraire antillais? Ce sont des questions auxquelles nous nous efforcerons de répondre.

Les textes créolisés ont pratiquement toujours été étudiés du point de vue de l’écriture. on a beaucoup réfléchi sur la pertinence de recréer l’oral dans l’écrit, sur la façon dont les écrivains s’y prenaient pour le faire, sur les thématiques et symboliques mises en scène dans les romans, sur les techniques de narration, sur la polyphonie énonciative, etc. Nous pensons par exemple à des travaux tels que ceux du Groupe de Recherche et d’étude des Littératures et Civilisations de la Caraïbe et des Amériques noires (GRELCA) de l’Université Laval, en l’occurrence ceux de Maximilien Laroche (Sémiologie des apparences; Le Patriarche, le Marron et la Dossa; L’avènement de la littérature haïtienne; La double scène de la représentation. Oraliture et littérature dans la Caraïbe, etc.), de Catherine Wells (L’oraliture dans Solibo Magnifique de Patrick Chamoiseau) et de Suzanne Crosta (Récits d’enfance antillaise, Récits de vie de l’Afrique et des Antilles). ont également mené des recherches intéressantes des chercheurs tels que Christiane Ndiaye (Danses de la parole. Études sur les littératures africaines et antillaises, «De la pratique des détours chez Sembène, Chamoiseau et Ben Jelloun»), Ralph Ludwig (Les créoles français entre l’écrit et l’oral), Jean Bernabé («Le travail de l’écriture chez Simone Schwarz-Bart: contribution à l’étude de la diglossie littéraire créole-français», «De l’oralité à la littérature antillaise: figures de l’Un et de l’Autre»), Denise Brahimi (Appareillages. Dix études comparatistes sur la littérature des hommes et des femmes dans le monde arabe et aux Antilles), Euridice Figueiredo («Patrick Chamoiseau: un nouveau Rabelais?», «La réécriture de l’histoire dans les romans de Patrick Chamoiseau et Sylviano Santiago»), Sylvie Kandé (Discours sur le métissage, identités métisses. En quête d’Ariel, «Renoncements et victoires dans La rue Cases-Nègres de Joseph Zobel»), etc. Mais ces travaux n’abordent pas la question de la différence culturelle dans la lecture des textes antillais. Certaines études sur la réception de ces textes peuvent toucher de près ou de loin la question de la différence culturelle, faisant état du discours critique entourant leur venue dans le panorama littéraire, mais elles n’abordent toutefois pas cette question en la considérant du point de vue de la lecture. D’autres se penchent sur l’aspect propre à l’enseignement de cette littérature. Mentionnons par exemple certains articles parus dans Relire l’histoire littéraire et le littéraire haïtiens, dirigé par Christiane Ndiaye (5).

La question de la lecture des textes antillais n’a pas encore été soulevée et c’est ce qui constitue l’originalité de notre démarche. Effectivement, il appert aujourd’hui nécessaire de se demander ce que devient l’acte de lecture quand l’oralité s’inscrit dans la littérature. La question mérite d’être posée, car la présence de l’oraliture dans l’écrit appelle une lecture singulière. Mais qu’est-ce que l’oraliture? Comment fonctionne l’acte de lecture? Comment remédier à la frontière culturelle qui existe entre la culture du texte et notre propre culture?
L’approche adoptée dans cet essai sera celle des théories de la lecture. Plutôt que de nous attarder aux mécanismes d’écriture ou encore à l’étude de la réception des textes — souvent liée à celle de la lecture — nous préférons n’aborder que la lecture et consacrer notre analyse aux mécanismes d’interprétation, car il serait impossible de couvrir tous ces champs d’étude. Il y a déjà beaucoup à dire lorsque l’on traite d’une littérature où le paradigme de l’oral visite le paradigme de l’écrit et nous ne prétendons pas à l’exhaustivité. Sous l’angle d’une sémiotique de la culture, nous tenterons d’analyser l’effet que produit l’altérité engendrée par la différence culturelle sur l’acte de lecture (6), ce qui n’a pas encore été fait dans les théories littéraires.

Le titre de cet ouvrage parle des textes antillais au sens large, mais nous nous limitons au domaine francophone. Vu les limites de cette étude, nous devons restreindre nos analyses à deux textes, Solibo magnifique de Patrick Chamoiseau et La piste des sortilèges de Gary Victor. Le choix de ces textes n’est pas anodin. Il est important pour nous de considérer un texte d’un auteur martiniquais et un autre d’un auteur haïtien parce nous croyons qu’il faut examiner différemment les littératures haïtienne et martiniquaise en partie à cause de leur contexte historique, politique (que nous n’abordons pas ici) et esthétique. L’aspect esthétique, formulé à travers des concepts, est particulièrement intéressant dans la mesure où Haïti a vu naître l’oraliture tandis que la Martinique a été le berceau de la créolité. Il nous semble donc nécessaire de considérer deux versants de la littérature antillaise afin d’être fidèle à deux contextes d’émergence différents.

Si nous choisissons précisément Patrick Chamoiseau et Gary Victor pour représenter la diversité antillaise, c’est qu’il s’agit de figures littéraires importantes. Chamoiseau est l’auteur de neuf romans dont Texaco (Prix Goncourt, 1992), Antan d’enfance (Prix Carbet, 1993) et Biblique des derniers gestes (Prix Spécial du jury RFo en 2002) et de plusieurs essais dont l’Éloge de la créolité qu’il a signé en 1989 avec Raphaël Confiant et Jean Bernabé. Il a également signé une pièce de théâtre ainsi que des livres destinés à la jeunesse. Il sera intéressant pour nous d’analyser du point de vue de l’altérité culturelle et de la lecture le roman d’un auteur tel que Patrick Chamoiseau qui prône une écriture où le créole et l’oralité occupent une place prépondérante. Gary Victor, quant à lui, a publié à ce jour douze romans dont À l’angle des rues parallèles (Prix du Livre insulaire (fiction) à ouessant, 2003), Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin (Prix RFo du Livre, 2004), et Les cloches de la Brésilienne (Prix littéraire des Caraïbes, 2008) et une dizaine de recueils de nouvelles. En 2001, il a été promu Chevalier de l’ordre National du Mérite de la République Française pour son œuvre en langue française. également scénariste pour la radio et la télévision, il est l’un des auteurs les plus lus en Haïti. Il sera intéressant de voir comment un auteur comme Gary Victor offre lui aussi aux lecteurs un récit qui emprunte aux contes oraux traditionnels et participe à sa façon à la survie de la tradition orale dans la littérature.

Maintenant, pourquoi Solibo Magnifique et La piste des sortilèges? D’abord en raison des thématiques de ces deux romans, dont le premier met en scène la mort d’un conteur et le souci d’un écrivain d’écrire sa parole, ce qui correspond réellement bien à la problématique de cet essai, et dont le second met en scène un personnage qui s’improvise conteur à tout moment dans un univers complètement dépaysant pour un lecteur étranger à la culture haïtienne. également parce qu’il s’agit de deux romans qui, par leur écriture et leur structure, provoquent des situations de lecture singulières qu’il sera pertinent d’analyser. Nous désirons préciser que si notre troisième chapitre semble davantage consacré à l’analyse de Solibo Magnifique, ce n’est pas qu’il revêt une plus grande importance à nos yeux que La piste des sortilèges. En effet, La piste des sortilèges est un texte imposant en longueur et nous avons dû sélectionner les aspects dont nous allions traiter. C’est pourquoi nous avons choisi d’utiliser La piste ponctuellement, dans chaque chapitre, de façon à illustrer les concepts dont il y sera question. Ceci dit, afin de pouvoir rendre compte de la diversité littéraire qui règne à l’intérieur même du bassin antillais, nous puiserons tout au long de cet essai des exemples à d’autres textes du corpus antillais francophone, qui proviennent à la fois d’auteurs martiniquais, guadeloupéens et haïtiens, tels que Raphaël Confiant, Édouard Glissant, Joseph Zobel, Simone Schwarz-Bart, Jacques-Stephen Alexis, Suzanne Comhaire-Sylvain, Georges Sylvain et Joujou Turenne.

Cet ouvrage sera structuré de la façon suivante: notre premier chapitre portera sur le passage de la tradition orale à l’écriture. Après un bref aperçu géographique donnant un ancrage spatial et typologique à notre objet d’analyse, nous ferons un survol historique, indispensable à la compréhension des circonstances de la naissance de la tradition orale. C’est ainsi que, d’une part, passant par l’apparition des langues créoles et du vaudou, nous en viendrons à considérer le conte créole et son principal acteur, le conteur. Partant de l’idée du conte comme véritable performance livrée par le conteur, nous nous attarderons à la dualité oral / écrit, plus précisément à la question du passage d’un paradigme à l’autre, en donnant l’exemple des contes de Bouqui et de Malice. Nous verrons que ces personnages et leurs aventures ont voyagé de l’oral à l’écrit, mais aussi de l’Afrique aux Antilles et cela de diverses façons, en suivant souvent un modèle similaire. Nous pensons par exemple aux figures du piégeur et du piégé, mais aussi à la structure même des contes. C’est effectivement selon un modèle actantiel quasiment préétabli que les contes semblent construits. Le roman La piste des sortilèges de Gary Victor sera ici un exemple de choix, car il permettra de démontrer deux choses: comment, d’une part, la thématique du conte et l’importance de la parole sont reprises dans la littérature et comment, d’autre part, la quête du personnage principal est construite selon les universaux du conte, tels que Vladimir Propp les a établis (7). L’intégration des marques de la tradition orale dans la littérature est un des aspects prônés par les signataires de l’Éloge de la créolité (8) qui, inspirés par la négritude de Césaire et l’antillanité de Glissant, ont écrit un véritable manifeste où ils revendiquaient la créolité. C’est en considérant ces concepts identitaires et esthétiques d’une importance capitale dans le panorama littéraire antillais que nous achèverons cette partie.

Si le premier chapitre porte sur le passage de la tradition orale à l’écriture, le second chapitre abordera plutôt les questions de la lecture et des frontières culturelles. Nous présenterons et définirons les concepts théoriques qui nous servent pour aborder la littérature antillaise. Après avoir traité de la question de l’oraliture, nous nous pencherons sur la lecture, plus précisément la lecture de textes qui présentent une difficulté culturelle au lecteur. Nous présenterons le concept de sémiosphère de Yuri Lotman et verrons comment il est possible de l’utiliser dans une approche telle que la nôtre. Afin de pouvoir rendre compte des mécanismes mis en œuvre pendant le processus de lecture, nous considérerons les théories d’Umberto Eco, entre autres la question de l’interprétation, de la coopération textuelle et de l’encyclopédie. En nous penchant sur la question de l’illisibilité définie par Bertrand Gervais, nous examinerons les différentes façons dont certains auteurs et éditeurs essaient de combler les manques occasionnés par la différence culturelle et ceci en utilisant une aide paratextuelle et des «procès de traduction», selon l’expression de Jean Jonassaint (9) tels que les notes explicatives et les lexiques. C’est avec l’exemple du roman La piste des sortilèges de Gary Victor que nous démontrerons comment un glossaire qui sort de l’ordinaire peut impliquer une lecture très particulière. Nous verrons, en terminant, qu’une aide paratextuelle, si elle participe à diminuer l’effet d’étrangeté et à éclaircir certaines interrogations du lecteur, ne peut toutefois pas dénuer totalement un texte de sa différence culturelle, et que c’est cette différence, cet effet d’étrangeté, qui permet au lecteur de faire l’expérience de l’altérité culturelle.

Notre troisième chapitre sera principalement consacré à l’analyse du roman Solibo Magnifique de Patrick Chamoiseau, analyse qui aura pour but de démontrer comment l’auteur, lui-même artisan de la créolité, procède afin d’inscrire la question du passage de la tradition orale à l’écrit à travers son texte. Le premier aspect envisagé sera celui du roman vu de l’intérieur, c’est-à-dire ce que vit le personnage d’un écrivain qui tente de mettre à l’écrit la parole d’un conteur venant de mourir, ses questionnements, la réalité à laquelle il doit faire face et la façon dont il parvient à atteindre son objectif. Le second aspect portera sur le roman vu de l’extérieur, c’est-à-dire d’un point de vue pragmatique : celui de la lecture. Nous nous attarderons à la partie du roman intitulée Dits de Solibo, qui est la transcription faite par l’écrivain de la parole du conteur et qui démontre qu’il est possible d’écrire l’oral. Mais à quel prix? Cette transcription présente effectivement un grand défi de lecture et c’est en nous penchant sur les éléments qui permettent de faire revivre la parole du conteur que nous pourrons constater que nous avons affaire à un texte agrégatif, pour reprendre le vocabulaire de Ralph Ludwig (10), et que ce sont précisément les marques agrégatives qui impliquent une lecture particulière. L’analyse de Solibo Magnifique servira donc à démontrer que la survivance de la parole peut se faire à travers l’écrit, à travers la fiction d’un personnage qui transpose à l’écrit la parole du conteur. Notre propos serait incomplet si nous ne donnions toutefois pas un autre exemple de la façon dont la parole peut survivre ou, plus justement, peut servir à survivre. C’est pourquoi nous terminerons notre dernier chapitre en faisant un retour sur le roman de Gary Victor, La piste des sortilèges, et en démontrant cette fois-ci comment l’auteur investit son personnage d’un véritable pouvoir qui réside en sa parole. C’est en construisant le roman selon une logique de récits enchâssés que Gary Victor donne à Sonson Pipirit la capacité de s’improviser conteur à tout moment et de convaincre tout un chacun du bien-fondé de sa quête, ce qui, à la façon de Scheherazade, lui sauve la vie à plus d’une reprise.


(1) L’oraliture est un concept développé par Ernest Mirville («Interview sur le concept d’oraliture accordée à Pierre-Raymond Dumas par le docteur Ernest Mirville», Conjonction, no 161-162, mars-juin 1984, p. 162). Maximilien Laroche s’en est beaucoup inspiré dans ses recherches. Voir entre autres La double scène de la représentation. Oraliture et littérature dans la Caraïbe, Québec, Université Laval, GRELCA (Groupe de Recherche et d’étude des Littératures et Civilisations de la Caraïbe et des Amériques noires), coll. «Essais», 1991, 240 p.

(2) Édouard Glissant, « Langues et langages », Introduction à une poétique du Divers, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1995, p. 90.

(3) Yuri Lotman, La sémiosphère, traduit par Anka Ledenko, Limoges, Presses Universitaires de Limoges, coll. «Nouveaux Actes Sémiotiques», 1999, 152 p.

(4) Bertrand Gervais, «Presbytère, hiéroglyphes et dernier mot. Pour une définition de l’illisibilité», La lecture littéraire, no 3, 1999, p. 205-228.

(5) Christiane Ndiaye [dir.], Relire l’histoire littéraire et le littéraire haïtiens, Port-au-Prince, Presses nationales d’Haïti, coll. «Pensée critique», 2007, 528 p. Concernant la réception, voir notamment les articles de Christiane Ndiaye («Quelques impasses du discours critique littéraire du xIxe siècle», p. 461-475) et de Darline Cadet («étude critique de la réception des œuvres romanesques haïtiennes», p. 477-488). Et à propos de la question de l’enseignement, voir les articles de Jean-Marie Pierre («Réflexions sur l’enseignement de la langue et de la littérature», p.489-497) et de Yasmine Cajuste («L’approche générique de la littérature haïtienne et de son enseignement», p. 499-519).

(6) Nous aurons entre autres recours aux travaux de Umberto Eco (Lector in fabula. Le rôle du lecteur ou la coopération interprétative dans les textes narratifs), de Gilles Thérien («Littérature et altérité. Prolégomènes», «L’altérité», «Sans objet, sans sujet...», «Représentations de l’Autre», «Lire, comprendre, interpréter», «La lecture littéraire», «Pour une sémiotique de la lecture») et de Rachel Bouvet (Étranges récits, étranges lectures : essai sur l’effet fantastique, «Notes de traduction et sensation d’exotisme dans la Trilogie de Naguib Mahfouz»).

(7) Vladimir Propp, Morphologie du conte, traduit par Marguerite Derrida, Paris, Seuil, coll. «Points», 1970, 256 p.

(8) Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, Éloge de la créolité, Paris, Gallimard, 1993, 127 p.

(9) Voir Jean Jonassaint, « Des conflits langagiers dans quelques romans haïtiens», Études françaises, vol. 28, no 2-3, 1993, p. 39-48.

(10) Voir Ralph Ludwig, «L’oralité des langues créoles – “agrégation” et “intégration”», Ralph Ludwig [dir.], Les créoles français entre l’écrit et l’oral, Tübingen, Gunter Narr Verlag, coll. «Script oralia», 1989, p. 13-39.

 
 
 
 
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