Cahier 18
Le nouveau territoire
Exploration géopoétique de l'espace

Sous la direction de Rachel Bouvet & Kenneth White

Figura/UQAM cahier n°18

Montréal – 2008

Présentation  fiche librairie

 
La traversee, ouvrages collectifs
 
Sommaire
 
 

Kenneth White: «À la recherche de l’espace perdu. Approches de la géopoétique»
Jean Morisset: «L’échappée géopoétique…»
Hélène Guy: «La traversée de Charlevoix en ski»
Vicky Pelletier: «Utopie et géopoétique. Stalker, d’Andreï Tarkovski»
Kenneth White: «L’écriture géopoétique. De la littérature à la littoralité»
André Carpentier: «Flâner, observer, écrire»
Rachel Bouvet: «Pour une approche géopoétique de la lecture.
Avancées dans l’univers de Victor Segalen»
Denise Brassard: «Rabatteur d’étoiles, de Rachel Leclerc.
Essai de lecture géopoétique»
Kenneth White: «Considérations esthétiques sur le Saguenay»
Valérie Bernier: «Paysages du froid. Des référents nordiques
à l’expérience géopoétique dans les représentations visuelles»
Hanane Benachir: «Vers une architecture géopoétique»

 
 
 
 
 
Présentation

Le nouveau territoire que l’on se propose de faire découvrir au lecteur de ces pages, c’est celui de la géopoétique, le «champ du grand travail» comme l’appelle Kenneth White, fondateur du mouvement, un travail qui nous invite à aller dehors, à l’affût des signes du vent, de la terre, des vagues, de tout ce qui compose notre environnement. La posture critique inséparable de ce mouvement vers le dehors nous conduit à remettre en question la culture dont nous avons hérité, sédentaire pour la grande majorité, et ses postulats les plus profondément enracinés. Se situant d’emblée au confluent des sciences, des arts et de la philosophie, la géopoétique génère des activités multiples de recherche et de création. Aussi, quelques années après la fondation de l’Institut international de géopoétique, White a proposé l’instauration de ce qu’il a appelé l’«archipel» de l’institut, à savoir un ensemble d’ateliers de géopoétique disséminés un peu partout sur la planète, ensemble auquel le premier îlot en Amérique du Nord a pu s’intégrer très facilement.

Car le nouveau territoire dont parle le titre, c’est aussi celui de la géopoétique au Québec, un territoire qui s’est développé de manière saisissante ces dernières années. Il faut rappeler tout d’abord qu’une première tentative avait eu lieu dans les années 90 sous l’égide de Jean Morisset et d’Éric Waddell. Mais ces deux géographes, étant aussi de grands voyageurs, ne séjournaient pas assez longtemps sur les rives du Saint-Laurent pour pouvoir véritablement mettre sur pied un centre de géopoétique. C’est lors d’une rencontre entre littéraires et géographes à Sherbrooke en 2001, dans le cadre du colloque L’espace en toutes lettres, qu’un dialogue fécond a été initié. Le groupe de recherche dédié à «L’exploration géopoétique de l’espace» a été ouvert aux étudiants des cycles supérieurs du département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal en 2003-2004. Durant cette première année, j’ai accueilli trois conférenciers: Jean Morisset, Hélène Guy et Éric Waddell. Deux textes de ce recueil, proposant une «échappée géopoétique» et  une «traversée de Charlevoix en ski», sont issus de ces contributions des deux premiers auteurs, même s’ils n’en reprennent pas exactement les termes initiaux. Quant à la présentation d’Éric Waddell sur la démarche artistique du peintre John Wolseley, elle fait l’objet d’un article à paraître dans les Cahiers de géopoétique. Le lecteur intéressé consultera le prochain numéro de la revue de l’Institut international de géopoétique.
Grâce à l’appui de mes collègues géographes et du Département d’études littéraires, j’ai pu faire venir Kenneth White comme professeur invité à l’UQÀM en décembre 2003. En plus de participer au colloque international Nomades, voyageurs, explorateurs, déambulateurs : les modalités du parcours dans la littérature, dont les actes ont paru en 2006, il a présenté deux conférences à Montréal : la première, «À la recherche de l’espace perdu : approches de la géopoétique», était destinée avant tout aux étudiants du groupe de recherche et de mon cours sur l’étrangeté, l’exotisme et le fantastique, ainsi qu’aux membres de Figura, le Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire; tandis que la seconde, «L’écriture géopoétique: de la littérature à la littoralité», visait davantage un public d’étudiants en création littéraire, ceux du cours d’André Carpentier sur le «travail créateur». Comme elles avaient été conçues en fonction de publics différents, nous avons choisi de conserver les marques orales de ces deux interventions. Le troisième article signé par Kenneth White, «Considérations esthétiques sur le Saguenay», reprend la conférence présentée à la journée d’études organisée par Michaël La Chance à l’Université du Québec à Chicoutimi sur le thème «Arts et mémoire de la terre : perspectives géopoétiques».

Ces colloques et conférences ont suscité un grand enthousiasme, qui s’est concrétisé par la fondation en janvier 2004 d’un Atelier québécois de géopoétique, nommé La Traversée. Ce n’est pas le lieu ici de rendre compte des différentes activités menées au sein de cette équipe dynamique. Je renvoie donc le lecteur curieux au site de l’Institut ou à celui de La Traversée, ou bien encore aux Carnets de navigation. Le groupe de recherche ayant continué ses travaux d’année en année, j’y ai poursuivi une réflexion sur la lecture géopoétique de l’œuvre de Segalen, dont je propose ici les grandes lignes dans l’article «Pour une approche géopoétique de la lecture. Avancées dans l’univers de Victor Segalen». L’année 2006-2007 a vu une formule différente se mettre en place avec la direction du groupe de recherche par une équipe de trois professeurs: André Carpentier, Denise Brassard et moi-même. Cette première tentative de réunir au sein de l’université les secteurs traditionnellement séparés de la recherche et de la création a suscité des échanges fructueux, dont témoigne ce cahier. En effet, les participants au groupe de recherche ont pu avoir un avant-goût de l’article d’André Carpentier «Flâner, observer, écrire» et de celui de Denise Brassard, «Rabatteurs d’étoiles, de Rachel Leclerc. Essai de lecture géopoétique». De la même façon, trois doctorantes ont partagé leurs réflexions avec l’équipe avant d’en faire un article: Vicky Pelletier s’intéresse aux rapports entre « Utopie et géopoétique. Stalker, d’Andreï Tarkovski», Valérie Bernier aux «Paysages du froid. Des référents nordiques à l’expérience géopoétique dans les représentations visuelles», tandis qu’Hanane Benachir nous propose de nous diriger «Vers une architecture géopoétique». J’aimerais donc remercier tous les collaborateurs de cet ouvrage, avec qui j’ai eu le plaisir de travailler, ainsi que Caroline Mangerel, qui s’est chargée de corriger les textes, d’effectuer la mise en page en plus de compléter certaines bibliographies. Ceci est le premier numéro des Cahiers Figura consacré à la géopoétique, ce qui concrétise en quelque sorte le rattachement de La Traversée au Centre Figura, dont je remercie chaleureusement toute l’équipe. Je remercie aussi Virginie Belhumeur, dont la démarche artistique en photographie a rendu les discussions très stimulantes dans le groupe de recherche, pour la photographie qui illustre la couverture de ce Cahier.

Rachel Bouvet

 
 
 
 
La traversee, ouvrages collectifs